e Bouddhisme - Généralités
Bouddha
Philosophie religieuse fondée par le Bouddha historique Gautama. Celui-ci trouva, vers 528 av. J.-C., une voie de salut afin de libérer les hommes du cycle douloureux des renaissances éternelles, le samsara.
Principaux courants bouddhistes
le Hînayâna (Thaïlande, Birmanie, Sri Lanka, Cambodge), et le Mahayana (Chine, Inde) ; le bouddhisme est la croyance majoritaire au Tibet, au Japon et en Mongolie.On estime à environ trois cent trente-neuf millions le nombre de fidèles du bouddhisme à travers le monde.
Formes du bouddhisme
Le bouddhisme indien, le plus connu.
Le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), introduit au Tibet par Padmasambhava au VIIe siècle.
Le bouddhisme japonais, introduit au Japon depuis la Chine entre le VIe et le XIIe siècle.
Grands principes du bouddhisme
Le premier bouddhisme se préoccupe uniquement de la diffusion de l'apprentissage du salut et ne cherche pas à diffuser ou à découvrir une vérité quelconque. Le bouddha ne s'intéresse pas particulièrement à la question de la réalité de l'être, bien que ce point soit devenu le noyau de la philosophie bouddhiste par la suite. Les philosophes bouddhistes se préoccupent de questions touchant à la logique, à la théorie de la connaissance, à l'ontologie et à l'éthique mais sans chercher une vérité sur la Vérité. L'Homme et sa libération du cycle des renaissances éternelles restent au centre de leurs préoccupations. Bouddha reprend la vieille conception indienne du monde sans la remettre en question. Selon cette dernière, le monde se conforme à certaines lois, les dharmas. Il s'agit de facteurs de l'existence qui constituent une personne et son monde sous l'influence du karma. Le bouddhiste cherche dès lors à dépasser ces dharmas, afin que l'individu puisse échapper au cercle des vies éternelles ressenties comme douloureuses par l'être. La cause principale de la renaissance est le désir, étroitement lié à l'égoïsme qui fait miroiter une personnalité et une âme à l'individu, l'empêchant ainsi de se détacher du Moi. Par ailleurs, la satisfaction du désir n'est que souffrance car elle est éphémère et apporte, en plus de la douleur causée par sa perte, une suite de désirs forcément insatisfaits. Pour Bouddha, il n'existe pas de véritable objet substantiel qui, comme l'âme, survivrait à toutes les réincarnations. Selon lui, la continuité se trouve plutôt dans l'existence même, constituée de la somme des karmas qui aboutit à une nouvelle existence. Si le bouddhiste parvient à écarter l'ignorance, premier maillon de la chaîne causale, il pourra bientôt éviter toute la suite de la vie de douleur et les réincarnations qui en sont la conséquence.
L'ignorance est en réalité la méconnaissance des "quatre vérités nobles" de l'enseignement de Bouddha. Pour éviter cette méconnaissance et le désir, le moine bouddhiste doit vivre en respectant certaines prescriptions éthiques, la "sainte voie aux huit membres" et les dix interdits. A la fin de la voie sainte au huit membres, se trouve la méditation juste, par laquelle celui qui médite détourne sa pensée et ses sens du monde. Il aura ainsi un avant-goût, par la paix intérieure, de la libération. Cette libération correspond au nirvana, l'extinction de tous les facteurs qui emprisonnaient l'individu dans le cycle éternel des renaissances. Le nirvana n'est pas un Vide, mais un état positif, une réalité transcendantale de la félicité. On ne peut y prétendre par le karma puisqu'il s'agit précisément de se libérer des liens du karma.
Les écoles bouddhistes à travers le monde
Vers 60 ap. J.-C., les écoles bouddhistes atteignent la Chine, où leur résonance est d'abord très réduite. D'une part, l'attachement aux autres êtres humains constitue l'un des fondement de l'éthique confucéenne traditionnelle, d'autre part, il existe une aspiration au prolongement éternel de la vie, notamment chez les taoïstes.
Parallèlement à ces explications historiques, deux facteurs inhérents au bouddhisme ont néanmoins contribué à sa diffusion : l'enseignement du karma proposait une meilleure explication à la naissance du malheur et la manière de l'éviter. De plus, ce nouvel enseignement sur la vie après la mort permettait aux Chinois de reporter un bon karma sur leurs parents décédés afin de leur assurer une meilleure renaissance.
Les confucianistes ont combattu les bouddhistes en même temps qu'ils ont cherché à établir une synthèse des deux enseignements, souvent en liaison avec le taoïsme. Les écoles bouddhistes arrivées en Chine ont rapidement disparu dans leur forme initiale, pour renaître sous des formes sinisées qui permettaient de résoudre la contradiction entre les pensées traditionnelle et bouddhiste. En tout, dix écoles ont survécu.
Entre religion et philosophie
Dans cette grande religion populaire, la philosophie a perdu toute son influence : les adeptes obéissent en réalité à un relativisme philosophique. Ils ne renient pas les réalités objective et subjective et considèrent les miracles de manière symbolique, comme des aides à la foi et non pour une quelconque vraisemblance. L'école zhenyan (ou shingon), qui se qualifie elle-même d'ésotérique, appartient au tantrisme dans lequel les formules magiques (mantra) ont un rôle central. On l'appelle d'ailleurs également l'école "des secrets". L'école tantra est apparue en Chine au VIIIe siècle. D'un point de vue philosophique, ses textes se basent sur la Mahayana, dont ils élargissent les visions fondamentales. L'enseignement des trois corps devient ainsi celui des quatre corps, acquérant un élément nouveau par le dharmakaya. La vacuité est divisée en différents aspects et de nombreux concepts psychologiques, se rapportant essentiellement à la pensée méditative, viennent s'y greffer. Des quatre écoles tantrayana, les plus importantes sont certainement mantrayana et vajrayana. En même temps qu'elle atteint la Chine, la tantrayana pénètre également au Tibet, où elle reprend des éléments de la religion bon et se transforme en lamaïsme, religion dominante encore de nos jours. La dernière école chinoise du bouddhisme est celle du bouddhisme zen. Elle poursuit la recherche de l'être-soi de l'Homme, la destruction de la conscience afin que la reconnaissance de la vacuité ainsi atteinte se traduise par la révélation à l'Homme, de la nature immanente du bouddha. Malgré l'influence importante du taoïsme, cette conscience absolue ne doit pas être interprétée de manière métaphysique.
Au cours du premier millénaire, les écoles bouddhistes japonaises sont très proches de leurs équivalents chinois. Cependant, à partir du XIe siècle, le Japon développe une tradition philosophique bouddhiste propre. Différents courants philosophiques particuliers naissent de l'amidisme, parmi lesquels il faut notamment citer la secte nichiren. La philosophie japonaise moderne comprend également des courants bouddhistes, comme par exemple celui de Nishida Kitaro et de son école. Hormis dans quelques rares monastères japonais, la philosophie ne joue plus, pour le bouddhisme, de véritable rôle. Cela vaut d'ailleurs pour toute l'Asie, quelle que soit l'école suivie, où le bouddhisme est perçu uniquement comme une religion, même si ses croyances sont nées de la pensée philosophique.
Histoire
L'empereur Açoka, en se convertissant au milieu du IIIe siècle av. J.-C., contribua à répandre le bouddhisme (de Bouddha) dans le sous-continent indien et à Ceylan. Ce courant spirituel fut ensuite propagé, au-delà des mers vers le Sud-Est asiatique et l'Insulinde, et par voie continentale dans le centre de l'Asie, en Chine (IIe s. apr. J.-C.), Corée, Japon (VIe s.), Tibet (VIIIe s.), Mongolie (XIIIe s.). Cette large implantation s'est toujours opérée dans le respect des mentalités et l'adaptation aux cultures locales.
Entre le Ve et le Ier siècle av. J.-C., plusieurs conciles bouddhiques eurent lieu, et le schisme survenu vers 450 annonce la diversification des écoles de philosophie bouddhique qui vont fleurir par la suite.
Le bouddhisme indien se divise en trois écoles, dont les deux premières sont appelées "véhicule" (yâna), c'est-à-dire moyen de progression sur la voie de la Délivrance.
- Le Hînahyâna ("Petit Véhicule") est le groupe le plus ancien, resté fidèle aux enseignements de Bouddha auquel il n'attribue pas de nature divine, et prônant une morale stricte pour l'accès au nirvâna. Son influence s'est essentiellement répandue au Ceylan, en Thaïlande, Birmanie, puis au Cambodge et au Laos. Il fut divisé en de nombreuses sectes avant notre ère, et son seul représentant est actuellement le theravâda ("Enseignement des Anciens"). Le Tripitaka est le texte dans lequel est consigné cette doctrine.
- Le Mahâyâna ("Grand Véhicule") est la seconde grande école qui apparut vers le Ier siècle av. J.-C., pour se répandre du nord de l'Inde vers le Tibet, la Mongolie, la Chine, la Corée, le Japon et une partie du Viêt Nam et du Cambodge. Les adeptes portent à la perfection l'exercice des vertus, par l'aide et le secours des autres, afin d'atteindre le salut pour tous : il s'agit pour les fidèles de retarder leur propre entrée dans le nirvâna, jusqu'à ce que tous l'aient atteint. Les bodhisattva sont les divinités adorées, proches des fidèles auxquels elles servent de modèles ; certains vouent un culte exclusif au Bouddha mythique Amitâbha. Les principales écoles de philosophie sont : Mâdhyamika fondée au IIIe siècle par Nâgârjuna, et Vijnânavâdin fondée par Asanga à la fin du IVe siècle. Les penseurs de ce bouddhisme métaphysique voulaient aider leurs disciples à se détacher des objets, des passions et des erreurs en prouvant l'irréalité de ceux-ci, la vacuité de nature propre.
- Le tantrisme bouddhique constitue une école issue du Mahâyâna, dont l'influence est grande en Mongolie et au Tibet. Elle se compose d'un ensemble de sectes nées à partir du VIIe siècle, dont le riche panthéon et les pratiques rituelles fondées sur la doctrine de la vacuité, les distinguent du bouddhisme. Le dalaï-lama dignitaire religieux du Tibet, est considéré par le tantra comme la réincarnation du Bouddha.
Le bouddhisme Tibétain
(ou lamaïsme) fut introduit au Tibet par Padmasambhava au VIIIe siècle.
- Les "bonnets rouges" rassemblent trois anciennes branches groupées en monastères ou lamaseries (gompa), dont le moine (gelong) est le centre hiérarchique. Contrairement à lui, le lama ou bla-ma peut se marier ; il est appelé "rimpoché" s'il est un lama réincarné ou "tulkou", et dirige seul ou à plusieurs la lamaserie.
- Les "bonnets jaunes" ou Gelup-pa ("branche vertueuse") constituent la branche la plus nombreuse, dont les trois monastères principaux sont groupés à Lhassa. Le célibat fut imposé à ses membres et l'aspect tantrique réduit par une réforme du XVe siècle (Tsong-Ka-Pa). Le dalaï-lama, considéré comme la réincarnation du bodhisattva Avalokiteçvara ("le seigneur qui regarde en-bas"), est le chef spirituel de la communauté. Le cinquième dalaï-lama a établi la dynastie théocratique qui régna à Lhassa jusqu'en 1959, et érigé le palais-monastère appelé "potala". Il fut reconnu et annobli par l'empereur chinois de la dynastie Tsing. Le second pontife du bouddhisme tibétain est le tashi-lama ("lama qui est un joyau"), incarnation du bouddha Amitâbha ("Lumière infinie").
- En Mongolie, les fidèles ont recours aux pratiques magiques du bouddhisme populaire.
Le bouddhisme japonais
Il s'implante dans le pays entre le VIe et le XIIe siècle, sous la forme de diverses sectes, issues de l'école mahayaniste, et dont la plus connue est le zen, qui a été récemment introduite en Europe. Les trois grandes écoles du Japon sont :
Zen Rinzaï ;
Zen Obaku ;
Zen Sôtô ;
Le zen macrobiotique est réfuté par les représentants du bouddhisme zen. Il s'agit pour cette doctrine d' "aboutir au bonheur en passant par la paix et la santé", c'est-à-dire de se nourrir avec des aliments naturels, de proscrire les médicaments et les formes d'éducation moderne.